Q1 : Quels bénéfices puis-je tirer à participer à IPERGAY?

En participant à l’essai IPERGAY, tu contribueras à l’amélioration des connaissances dans le domaine de la prévention de l’infection au VIH. Tu seras acteur d’une recherche dont les résultats pourront bénéficier à de nombreuses autres personnes.

Dans le cadre de l’essai, tu auras accès à :

  • Du matériel de prévention (condoms, lubrifiants, etc.) et d’information sur la santé sexuelle;
  • Du soutien, de l’accompagnement personnalisé par des professionnels de la santé;
  • Des dépistages réguliers et systématiques gratuits du VIH et des autres ITSS; advenant que tu contractes une infection, tu recevras gratuitement les traitements nécessaires;
  • La vaccination gratuite contre les hépatites A et B;
  • La prophylaxie postexposition (PPE), en cas de besoin;
  • Les participants à IPERGAY contribueront et joueront un rôle très important dans le développement de nouvelles options en matière de prévention, ce qui bénéficiera à la communauté en général.

Q2 : Comment serais-je accompagné dans le cadre de l’essai?

Pour optimiser ta participation à l’étude, un service d’accompagnement te sera offert, ce service aura pour objectif de t’aider à développer une adhérence à ton traitement et tu seras soutenu dans tes efforts de prévention; un accompagnateur t’accueillera dès ta première visite.

À chaque visite, tu auras un entretien avec lui, au cours duquel tu pourras accéder à des informations sur la prévention de l’infection par le VIH et les autres infections sexuellement transmissibles et par le sang (ITSS), en plus de discuter en toute confidentialité de différents aspects relatifs à ta réalité et à ta sexualité.

Si tu le souhaites, cet accompagnateur te proposera de bénéficier gratuitement de rencontres individuelles additionnelles et d’un soutien adapté à tes réalités.

Q3 : Pourquoi l’essai s’adresse-t-il exclusivement aux hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes?

Lors de relations sexuelles anales sans utilisation du condom, les possibilités d’être exposé à l’infection au VIH sont plus élevées. Par ailleurs, on retrouve une plus forte incidence et prévalence du VIH au sein des communautés d’hommes gais, bisexuels et trans (FtM).

L'incidence est le nombre de cas d’infections qui émergent, le nombre de personnes qui sont touchées pendant une période donnée dans une population donnée. Autrement dit, c'est le nombre de nouveaux cas annuels de nouvelles infections. La prévalence est le nombre de cas déclarés d'une maladie ou d'un trouble (cas nouveaux et cas déjà déclarés) divisé par la population totale, sur une période donnée ou à un moment défini.

Q4 : Qu'est-ce que la prophylaxie préexposition (ou PPrE)?

La PPrE (un acronyme pour le terme français « prophylaxie préexposition ») consiste à administrer une association d'antirétroviraux à des personnes séronégatives exposées aux risques d’infection par le VIH, et ce, afin de diminuer le risque de transmission. La prophylaxie préexposition s’appuie sur un principe connu depuis longtemps : des traitements antirétroviraux (c’est à dire qui empêchent ou freinent l’entrée et la reproduction du virus du VIH dans le corps humain), administrés au bon moment, réduisent très fortement le risque de transmission du VIH. Il faut noter que la PPrE à la demande pourrait être efficace seulement en ce qui concerne la réduction de la transmission du VIH et non pour l’ensemble des autres infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS).

Q5 : Pourquoi une personne qui utilise la PPrE doit-elle continuer à utiliser des condoms ou mettre en œuvre d'autres stratégies de prévention?

À ce jour, le condom reste le meilleur moyen de se protéger contre l’infection au VIH (ainsi que pour toutes les autres ITSS). Toutefois, pour augmenter la prévention, on multiplie les recours à d’autres outils. La prévention combinée (l’utilisation du condom et de la PPrE par exemple) est la meilleure approche pour réduire le risque de contracter le VIH et d’autres ITSS.

Q6 : Pourquoi avoir sélectionné comme critère d’inclusion : « Avoir eu une prise de risque avec au moins deux partenaires dans les 6 derniers mois »?

L’objectif est de sélectionner des hommes qui ont un risque accru de contracter l’infection au VIH afin de diminuer leurs risques et d’être en mesure de prouver l’efficacité de la PPrE auprès de cette population.

Q7 : Quels sont les effets secondaires du Truvada?

Le Truvada , utilisé dans le traitement du VIH depuis plusieurs années au Québec, a fait ses preuves scientifiquement et présente peu d’effets indésirables. Les effets indésirables les plus fréquemment rapportés sont des nausées, de la diarrhée, ainsi qu’une sensation de faiblesse. De rares cas d’effets indésirables de type d’insuffisance rénale ou des éruptions cutanées ont été notés.

L’ensemble des effets indésirables seront surveillés chez les participants au cours de l’essai. Un participant qui subit des effets secondaires peut mettre fin à sa participation à l’étude à son gré, à n’importe quel moment.

Q8 : Et si la PPrE à la demande n'était pas concluante?

L’étude permettra de découvrir des choses inédites, et ce, même si la PPrE avec l’utilisation du Truvada se révélait inefficace. Nous en apprendrons bien davantage sur le counseling, les difficultés de l’observance, les facteurs associés aux modifications des comportements à risque, les pratiques sexuelles réelles et les prises de risques, la fréquence des autres ITSS, l’effet préventif du traitement sur la contamination par le virus de l’hépatite B, et encore plus. Ce qui permettra d’améliorer les pratiques en matière de prévention du VIH à l’échelle individuelle et communautaire.

Dans tous les cas, même si le Truvada s’avérait inefficace, les participants auront bénéficié d’un counseling approfondi, de dépistages réguliers, des traitements de leurs ITSS, etc. Cependant, il faudra alors réfléchir à de nouvelles stratégies de prévention pour cette population qui reste aujourd’hui la plus exposée aux risques d’infection au VIH.

Q9 : Pourquoi comparer son effet à un placébo si le médicament est déjà connu et validé?

On connait le médicament, mais pas son efficacité en PPrE à la demande. Un traitement à la demande s’avèrerait plus facile que pris quotidiennement, selon des études antérieures. La comparaison du Truvada à un placébo devrait permettre de démontrer scientifiquement l’efficacité de  la PPrE intermittente (à la demande). De plus, l’utilisation d’un placébo pourrait favoriser, chez les participants, une réflexion quant à leurs stratégies de réduction des risques

Q10 : Pourquoi avons-nous besoin de nouvelles méthodes de prévention du VIH?

Il a été démontré que malgré l’existence de moyens de réduction des risques de transmission du VIH (condoms, la circoncision masculine et d'autres méthodes), des milliers de personnes sont infectées par le VIH chaque jour dans le monde. De nouvelles méthodes efficaces de prévention sont essentielles, en particulier dans les populations à haut risque d'infection au VIH.

Q11 : L’essai IPERGAY est-il fait pour que les gais ou bisexuels des pays riches puissent faire l’amour sans condom?

L’utilisation des préservatifs reste incomplète, peu importe le pays et sa richesse. Il est donc important d’essayer de réduire les nouveaux cas d’infection par le VIH en y ajoutant d’autres moyens de prévention. IPERGAY ne vise pas l’abandon du condom comme outil de prévention, mais promouvoir des stratégies combinées de prévention.   

Q12 : Comment les participants seront-ils recrutés?

Les participants seront recrutés de différences façons : dans les lieux de socialisation (bars, clubs, saunas, etc.), dans les évènements communautaires (festivals, etc.), via les sites de rencontres, dans des cliniques médicales, par le biais de publicités dans les mensuels gais et sites Internet et par bouche à oreille.

Q13 : Pourquoi les couples sérodifférents monogames et les couples monogames ne peuvent-ils pas participer à cette étude?

Actuellement, le protocole ne permet pas, en effet, la participation des couples sérodifférents monogames et des couples d’hommes monogames. Par « monogame », on entend des couples fermés (contrairement à couples ouverts). Il y a plusieurs raisons à cela. Il est recommandé à ces couples de prendre la PPrE en continu si la PPrE est une option pour eux. IPERGAY vise précisément des hommes séronégatifs qui ne sont pas dans un couple monogame et qui ont plusieurs relations sexuelles, et qui n’utilisent pas toujours le condom.